Quelle bonne surprise de retrouver ce matin sur ce blog le conte transcrit hier ! A la fin de mon message j'avais appuyé par mégarde sur je ne sais quelle touche et le texte avait disparu, je pensais devoir le recopier mais finalement j'avais dû presser la bonne touche pour l'envoyer ! Tant mieux. J'espère que le conte vous a plu ? Le personnage du jeune homme à qui tout réussi apparaît dans un autre conte, que voici et dans lequel on le surnomme "le candide".

Le mendiant qui devint roi

Le candide avait reçu du roi du monde aquatique un parasol magique qui faisait pleuvoir à chaque fois qu'il l'ouvrait. De cette manière, ses terres ne souffraient jamais de la sécheresse.

Un jour qu'il appelait ainsi la pluie, un poisson aux écailles multicolores et étincelantes tomba des nuages et nagea avec grâce dans une flaque d'eau. Séduit par sa beauté, le garçon le ramassa et le mit dans une jarre d'eau pure. Il venait souvent l'admirer et lui parler comme à un ami.
Le candide constata bientôt qu'après chacune de ses absences, il retrouvait sa maison rangée et nettoyée comme si quelqu'un venait mettre de l'ordre. Intrigué, il feignit un jour de partir, revient aussitôt par derrière et grimpa dans la charpente pour épier.
Il vit alors sortir de la jarre la fille du roi du monde aquatique, qui se mit à faire le ménage et la cuisine.
Prenant rapidement sa décision il descendit de sa cachette et alla casser la jarre. La fille, privée de son refuge, dut lui avouer que depuis leur première rencontre elle s'était éprise de lui et avait obtenu de son père la permission de venir vivre avec lui, mais que, craignant son refus, elle s'était résignée à ce stratagème.
Le garçon, tout heureux, lui proposa de l'épouser sur le champ. Il vécut alors dans un bonheur total, ne quittant plus sa femme et passant son temps à l'admirer, négligeant toute activité. Pour le pousser à retravailler, sa femme eut l'idée de dessiner deux portraits d'elle, qu'elle plaça aux deux extrémités de leur champ, de telle sorte qu'il pouvait l'avoir constamment sous les yeux. Mais un jour pendant qu'il travaillait, des soldats passèrent  à proximité de sa maison et remarquèrent la beauté de la jeune femme. Ils décidèrent de l'enlever et de l'emmener pour la présenter au souverain du pays.
Le roi tomba aussitôt sous le charme de la captive et décida de l'épouser. Il répudia toutes ses autres femmes, décrétant qu'elle devenait la reine, son unique épouse de premier rang. Cependant, la jeune femme demeurait une beauté froide qui ne souriait jamais malgré toutes les tentatives du roi pour la distraire.
Le pauvre candide, pendant ce temps, désespéré de la disparition de sa femme, décida de partir à sa recherche. Errant de ville en ville, de village en village, il demandait à tous ceux qu'il rencontrait s'ils savaient quelque chose d'elle. A la longue il devint tout maigre et avec ses habits en haillons il avait tout d'un mendiant.
Un jour, quelqu'un lui dit que la nouvelle reine ressemblait fort au portrait qu'il traçait de son épouse. Malgré son aspect misérable il osa se présenter aux portes du palais. Comme obéissant à un ordre mystérieux, les soldats le laissèrent entrer. On le conduisit devant le couple royal. A sa vue, la reine se mit à rire et à battre des mains. Etonné et ravi, le roi pensa que la vue d'un mendiant au milieu des somptueux personnages de la cour était la cause de sa gaieté inatttendue. Il décida d'échanger, à l'abri des regards pour créer la surprise, ses habits royaux contre les hardes du mendiant, afin de surprendre et d''amuser sa favorite.
Mais dès qu'il parut, vêtu de guenilles, la reine fit appeler des soldats et leur ordonna de chasser le faux mendiant, qu'elle fit passer pour fou lorsqu'il commença à protester de son identité. Après quoi elle demanda à son ancien époux de l'accompagner dans ses appartements. Grâce aux habits royaux, personne n'osa lever les yeux sur lui. C'est ainsi que le candide devint roi. Par bonheur pour le peuple, il se révéla un excellent souverain et sut gouverner avec justice. En outre, grâce à son parasol magique qui faisait venir la pluie selon les besoins, jamais plus le pays ne souffrit de la sécheresse comme autrefois et il devint prospère.

Voilà. L'histoire ne dit pas s'ils eurent beaucoup de petits poissons...pardon, de petits enfants, mais je suppose qu'ils vécurent heureux.
J'ai trouvé amusante cette version vietnamienne du prince et du mendiant. J'espère que vous aussi.
Bonne journée