J'espère que votre week end a été aussi agréable que le mien. Le mariage a été super, plein d'émotion évidemment mais aussi de fou rires, le repas était succulent et très fin, et j'ai photographié quelques idées de décoration que j'ai trouvé jolies et ingénieuses, d'abord ce cactus en tissu (la mariée raffole des cactus !), sur lequel avaient été épinglés des coeurs renfermant dragées et pralines, un pour chaque invité. N'est ce pas une idée charmante ?

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puis la table :

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toutes ces réalisations étant l'oeuvre de la mariée !

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Les fleurs sont fraîches, je le précise.

Aujourd'hui, changement de décor et d'activité : atelier d'écriture, le premier de la nouvelle année. L'une des consignes était de "pondre" un texte intégrant les phrases suivantes :

Et puis, tout en…

- Oh moi, tu sais (ou « vous savez »), dit-elle (ou « dit-il »), je n’ai jamais…

Et aussitôt…

Voici mon texte, inutile de vous dire que j'attends les vôtres !

 

Et puis, tout en tortillant nerveusement d’une main le lacet de son corsage, elle commença à aligner ses doléances d’une voix d’abord retenue puis de plus en plus véhémente, agitant furieusement sa main libre, martyrisant de ses talons le petit tapis qui valsait d’un point à un autre sur le parquet excessivement ciré, au rythme de ses allées et venues.

Dans le fauteuil, il avait imperceptiblement soupiré, n’abaissant la moitié supérieure de son journal que pour feindre d’écouter. Rôdé depuis longtemps à ce genre de scènes, il savait que cette imitation d’attention lui suffirait : elle était lancée et, comme une vaillante locomotive, elle irait au bout de sa péroraison. Elle l’avait déjà oublié. Il ne reprit pourtant pas tout de suite sa lecture, Fasciné malgré lui par le déroulement parfait de la diatribe, guettant et appréciant chaque pause, chaque mimique, chaque interjection, comme un enfant se délecte d’entendre chaque soir exactement la même histoire au soupir près.

Il se redressa légèrement dans son fauteuil et se prépara. Ça allait bientôt être à lui. Il se mordit la joue pour ne pas trahir sa satisfaction lorsque, au moment précis où il pensait « top ! », elle se planta devant lui, une main sur la hanche, l’autre tendue vers lui et lança avec fougue la réplique qu’il attendait :

« J’ai raison, non ? »

Il s’appliqua à faire passer dans son regard toute la digne lassitude du sage rompu aux vicissitudes humaines, et dans sa voix juste ce qu’il convenait d’indulgente résignation :

- Oh moi, tu sais, lâcha-t-il, je n’ai jamais rien compris à toutes ces histoires. Tu ne devrais pas te laisser ainsi bouleverser, ma douce, c’est inutile et tu te fais du mal.

Et aussitôt, selon la mécanique parfaitement huilée qui forçait toujours son admiration, la douce cassa net le lacet entortillé autour de son doigt – un de plus – et après un «oh toi ! » excédé, sortit en claquant la porte.

Il se replongea dans son journal avec un sourire béat.


A vous !