Vous le savez, je ne crois pas au hasard, et j'accueille avec plaisir ces synchronicités qui agrémentent la vie. Donc, lorsque ce matin en fouillant mes livres, celui-ci m'est venu presque tout de suite sous la main, avec son joli coquelicot et ce mot de Quadrature (nom de la maison d'éditions  : www.editionsquadrature.be) qui faisaient tous deux partie de mon billet d'hier, je n'ai pas hésité. D'autant moins que, ayant une fois de plus goûté avec délice aux superbes textes de Fabeli, j'avais envie de lui dédier un billet, et les textes de ce livre (également coup de coeur de mon libraire préféré qui ne m'a jamais déçu !) m'ont fait penser à elle, à son écriture sobre mais dense, à ces textes dans lesquels on entre si aisément mais qui suscitent ensuite un monde de réflexion. Avant tout, je vous engage vivement à aller visiter son blog : http://fabelire.canalblog.com. Je gage qu'il prendra immédiatement place parmi vos favoris.

Le recueil, paru en 2009,  dont je tire la très courte nouvelle ci-dessous est intitulé  "Haut les filles". Il est l'oeuvre de Calouan, femme écrivain (et non je ne dirai pas "auteure", je trouve ça trop moche) dont c'est le premier ouvrage pour adultes après de nombreux livres pour la jeunesse. Si vous voulez en savoir plus, voici trois sites où vous pourrez découvrir sa personnalité et ses ouvrages :

http://calouan.free.fr/
http://calouan.hautetfort.com
http://calouan.dawanda.com

Ces nouvelles parlent de femmes. Des femmes, comme le dit la présentation, "jeunes, seules, tristes ou pas (... ) belles ou pas (... ) Des femmes d’aujourd’hui. Des filles d’aujourd’hui. Elles vous emmènent dans leur univers, dans leur intérieur, vers leur âme. Elles vous font toucher du doigt, des yeux, leur petit monde".

Et vraiment, ça vaut le détour.

"Alarme"

"Madison ?
- hmmmm...
- Je t'aime
- ...
- Madison ?
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi tu m'aimes ?
- Pour les frissons qui m'envahissent quand tu me souris, pour ton idée du monde, pour la peau de ton ventre douce, si douce, , pour ta façon de vouloir aider tout le monde, pour ta langue quand elle rentre dans ma bouche, pour tes petits pieds ronds, ta peau collée contre la mienne quand on s'endort, ta voix qui  laisse des messages sur mon répondeur, ton air de petite fille quand tu as peur, pour les enfants...
- Dis...
- Oui, Madison ?
- Tu as mis le réveil pour demain matin ?"