"Faris Nallanine arriva aux portes de Verteloi le même jour que l'hiver".
S'il vous est déjà arrivé d'emprunter, voire d'acheter, un livre pour une seule phrase, alors vous me comprendrez. Cette phrase, la toute première du livre que j'avais ouvert à la bibliothèque "juste pour voir", m'a ravie comme une exquise friandise et j'ai immédiatement emprunté l'ouvrage :  L'équilibre des ancres, Tome I de "Deux Collèges de magie" de Caroline Steverner (Moutons Electriques éditeur, ce nom-là aussi me plaît beaucoup !!). J'ajoute tout de suite que je n'ai pas été déçue, et je salue au passage l'excellente traduction de Patrick Marcel, précise et élégante, qui coule comme une eau claire, à tel point que j'ai dû vérifier si l'ouvrage était une traduction ou un original français. En fait Caroline Steverner est américaine, et a écrit un certain nombres d'autres livres, de l'heroic fantasy mais pas seulement. Je viens juste de commencer celui-ci mais je suis accrochée. Pourtant il ne se passe pas grand chose dans ce collège de magie où l'étude de la magie n'est pas spécialement encouragée en dehors des exposés magistraux, et la pratique de la magie strictement interdite,  où  "personne n'attend rien des nouvelles élèves" et où " Le rythme des cours se poursuivait sans l'intervention des élèves. Les instructeurs à Verteloi semblaient parler pour leur propre plaisir, sans considération pour le nombre, vaste ou réduit, de celles qui venaient les écouter". Faris, l'héroïne, "en conclut que la règle était conçue pour empêcher les élèves de découvrir qu'il n'y avait à Verteloi aucune magie à étudier (...) les paroles de la doyenne devaient beaucoup au conte de l'empereur et de ses habits neufs. Apparemment, pour apprendre la magie à Verteloi, il suffisait d'être prête à affirmer la pratiquer quand on s'en allait"

Evidemment rien n'est moins vrai et ce "vide" n'est que la partie apparente d'un iceberg, dont de multiples détails me font penser qu'il est immense et stupéfiant. En tout cas les personnages que j'ai déjà rencontrés, Faris bien sûr, Jane, Tyrian et quelques autres, ne sont pas franchement lambda. Si je devais les décrire j'emploierai l'expression de normalité anormale. Un masque, parfos mais rarement lézardé, de réserve, de retenue, de calme, qui peut à tout instant céder la place à un abîme ou un volcan (jusqu'ici c'est arrivé au moins deux fois déjà).
Cerise sur le gâteau, la magnifique couverture de l'édition française d'origine (pas l'édition de poche, désastreusement proche d'une couverture de la collection Arlequin !) dessinée par Amandine Labarre
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Son nom m'a tout de suite dit quelque chose, et pour cause, c'est également à elle que l'on doit (entre autres merveilles) l'album "Carnets féerique de herboriste" dont j'avais acheté il y a quelques années la version abrégée.

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